Le parfum des nuages…
Je viens ici témoigner de mon saut en parachute aux Sables-d’Olonne. N’étant pas particulièrement téméraire, une sorte de défi m’avait été lancé par mes proches. On se dit forcément sauter de si haut ne provoque que nausées et autres petits désagréments, que nenni !
Voici mon histoire…
En arrivant à l’aérodrome, je constate la présence de petits coucous rangés sur la piste comme dans une chambre d’enfant. Je ne m’attendais pas non plus à monter à bord d’un Boeing mais bon, après plus de 200 km parcourus, impossible de rebrousser chemin. Une heure d’avance, rien de tel pour sentir la pression monter en moi, je flippe. Pourtant je fais bonne figure devant mon amie qui elle, est déjà pâle à l’idée de me voir sauter à plus de 3500 m d’altitude.
Je suis fier, sans peur et sans reproche.
Après le formulaire et les présentations faites auprès de l’équipe, j’enfile la combinaison, qui me donne l’air d’appartenir à un groupe disco des 70′s. La tension monte progressivement. Le moniteur en chef, nous briefe chacun notre tour, nous sommes quatre à tenter l’expérience : un couple autour de la cinquantaine, une demoiselle et moi-même. Je scrute leur visage à la recherche de la peur dans leur regard alors que j’y distingue plutôt de l’envie, de la hâte voire de la hargne. La jeune fille, âgée d’une quinzaine d’années, dégage une sorte d’aura. Ses parents lui avaient annoncé quelques heures auparavant qu’ils lui offraient un saut en parachute. Elle est toute émoustillée par ce geste et des larmes de joie scintillent dans ses yeux. Et là, je me dis : « si elle y arrive alors pourquoi pas moi » (macho mais j’assume). Quant au couple, c’est plus de l’amour qui s’en dégage. Ils étaient accompagnés de leurs enfants et étaient très fiers.
Arrive enfin le moment tant attendu et redouté et je dois me diriger vers l’avion (je ne sais pas si cela vous dit quelque chose mais ça m’a rappelé une célèbre scène de film d’action où les astronautes marchent au ralenti vers leur navette spatiale). Ma combi me serre de partout et à cet instant j’ai l’impression que l’on ne fixe que mon arrière-train. Je jette un dernier coup d’œil à ma copine et feins encore une fois d’être serein. Ne pouvant plus reculer, je m’engouffre dans le petit appareil.
Derniers instants avant le compte à rebours…
3500m : ouverture des portes de l’avion, le premier tandem s’apprête à sauter. Il s’avance doucement mais sûrement et saute sans même avoir pris le temps de donner une quelconque impulsion. Cette image restera gravée à jamais dans ma tête : ils sont littéralement aspirés dans le vide ! C’est bientôt mon tour (mais qu’est ce qui m’a pris…). Mon moniteur me tape l’épaule : « on y va » me dit-il.
A la manière d’un crabe, nous nous approchons de la porte en nous avançant à l’aide de nos mains, je m’accroche une dernière fois à l’appareil. Je n’espère qu’une seule chose : ouvrir les yeux et me réveiller dans mon lit. Mais non !!! Ni une ni deux, nous voilà propulsés dans le vide.
L’aventure commence ici !
Premier réflexe : je crie à en pleurer mais aucun son ne sort de ma bouche. Je mets bien 5 secondes à réaliser ce qui m’arrive. En pleine chute libre j’arrive quand même à me poser une question « Veux-tu vraiment que l’on te voit comme ça sur la vidéo ? ». A partir de ce moment là, j’ai donc commencé à prendre un plaisir inouï. 200 km/h pendant près de 40 secondes, je n’y serais jamais arrivé avec ma Peugeot ! Lorsque le caméraman se dirige vers nous, je lutte contre le vent pour lui donner mon plus beau profil et lui tirer la langue. Malgré mon visage qui se déforme, je réussi à exhiber mes dents les plus blanches. Nous traversons les nuages et je constate qu’une odeur particulière s’en dégage, vraiment grandiose.
A l’ouverture du parachute, la pression nous donne l’impression de remonter sur plusieurs dizaines de mètres et c’est maintenant à mon tour de manœuvrer la voile. Moi pour qui les jeux vidéo n’ont aucun secret, la pratique s’avère simple et fort amusante. L’atterrissage se fait sans trop de fracas malgré une petite rafale de vent qui nous fait nous vautrer mais je suis heureux.
Une fois sur la terre ferme, je suis dans un autre monde, de l’adrénaline plein la tête et en revoyant la vidéo j’ai l’impression d’avoir pris une forte dose de calmants. Je suis zen et je flotte encore dans les nuages… Il me faudra un quart d’heure pour vraiment réaliser.
Pour conclure
Je conseille à ceux que me liront de méditer sur ce qui va suivre. Cette expérience restera gravée à jamais dans ma tête, les sensations sont exquises et je n’aurai pas cru une seconde pouvoir faire ce que j’ai fait. S’il y a une chose sensationnelle à essayer une fois dans sa vie, c’est bien celle-là !
Kelly Raie.








